L’abandon
des études : devons-nous remettre en question nos approches conceptuelles
et nos stratégies d’intervention?
Communication présentée au
Colloque de l’ACPRI-CIRPA
Octobre 2002
Ottawa
par
Lise Tremblay
Bureau de la recherche institutionnelle
Université Concordia
2. L’abandon des études
universitaires – les données comparatives p.
4
3. L’abandon –
un phénomène complexe et multidimensionnel p.
8
4. Actualisation du cadre
théorique portant sur l’abandon scolaire p.
11
5. Les études de relance des
étudiants p.
12
6. Le statut d’étudiant p.
14
7. Modèles conceptuels
alternatifs p.
16
8. Les stratégies d’intervention
pour contrer l’abandon p.
18
Annexe p.
26
Références p.
27
1.
Introduction
Une série de 4 séminaires se sont tenus durant l’année académique
2001-02 à l’université du Québec portant sur différents aspects de la persévérance
à l’université, de l’accès au diplôme, de l’intégration sur le marché du
travail et des stratégies d’intervention adoptées par les établissements. Dans
le cadre de l’un de ces séminaires, on m’a demandé de faire le compte rendu des
travaux réalisés au Canada (hors-Québec) par la recherche institutionnelle sur
ces questions. Les résultats de ma
recherche font l’objet de cette communication.
Les travaux des universités canadiennes portant sur l’abandon des études
ne sont pas nombreux et ils n’ont pas fait l’objet d’une synthèse dont les
résultats sont publiés et facilement accessibles. Pour repérer les études
pertinentes, j’ai lancé un appel de collaboration aux collègues des bureaux de
recherche institutionnelle au Canada.
Malgré le grand intérêt manifesté pour cette question, plusieurs
personnes hésitent encore à partager des résultats portant sur l’abandon dans
leur établissement respectif. Dans
quelques cas, on a choisi de me décrire brièvement les initiatives
institutionnelles sans partager de résultats précis, ou on m’a demandé de ne
pas publier de données de type diagnostic. De manière générale cependant, j’ai
eu accès à des documents et à des informations qui ne sont pas accessibles
normalement et je remercie les collègues qui ont partagé leurs travaux avec
moi. J’ai également exploré les sites web des universités canadiennes, et
particulièrement les pages dédiées aux travaux de recherche institutionnelle,
afin de repérer des données statistiques pertinentes et des rapports de
recherche relatifs aux questions portant sur l’abandon des études. Il faut également prendre note de la
richesse de l’information contenue sur le site de l’ACPRI au titre des actes
publiés des colloques annuels précédents qui renferment des travaux importants
relatifs à l’abandon des études, à la diplomation et à l’insertion sur le
marché du travail des étudiants au Canada.
Je me suis enfin inspirée pour la préparation de ma communication d’un
excellent document-synthèse préparé par Victor Day des services d’orientation
pédagogique de l’université Dalhousie qui trace un portrait d’ensemble de la
situation canadienne et des conclusions récentes des chercheurs américains
(Day, 2001). Lors de ma quête
d’information, j’ai pu me reférer aux études recensées par M. Day et documenter
un certain nombre de travaux additionnels.
2.
L’abandon des études
universitaires – les données comparatives
Plusieurs établissements canadiens
mesurent leur situation d’abandon institutionnel par rapport à des
sous-ensembles d’établissements américains plutôt que canadiens puisqu’une
telle base comparative n’existe pas ici. On estime donc que le profil d’abandon
des universités canadiennes est de façon générale semblable à celui observé aux
États-Unis.
Bien qu’il soit reconnu par les
chercheurs américains que l’abandon est directement lié au type d’établissement
et à son niveau de sélectivité à l’admission qui constitue l’élément de
différentiation le plus important, cette distinction n’est pas clairement
établie au Canada. Cette absence d’études
comparatives peut d’ailleurs expliquer la réticence de plusieurs à partager des
résultats institutionnels. L’analyse des données américaines met en relief
l’importance du facteur de sélectivité à l’admission pour l’analyse
institutionnelle comparée. Les taux de diplomation après 5 ans des
établissements publics américains offrant le PhD illustrent l’importance de ce
facteur: taux de diplomation des
établissements de type «
portes ouvertes » de 34%; taux de
37% pour ceux possédant des politiques d’admission de type «traditionnelles»;
et autour de 51% dans les établissements qu’on pourrait qualifier de «sélectifs» (ACT, 2000). Selon que l’établissement soit public ou
privé, on observe également une situation plus ou moins favorable par rapport à
l’abandon des études (tableau 1):
Tableau
1 : Taux d’abandon et de diplomation des établissements universitaires
américains
(ACT,
2001)
|
Type d'établissement |
Taux
d'abandon après 1 an |
Taux de
diplomation 5 ans après la fin du secondaire |
Taux
d'abandon après 5 ans |
|
Public |
28,1% |
41,9% |
58,1% |
|
Privé |
25,1% |
55,1% |
44,9% |
|
Total |
25,9% |
50,9% |
49,1% |
Les chercheurs américains se
questionnent également sur la grande stabilité des taux d’abandon observés aux
Etats-unis malgré les efforts importants consentis par les établissements pour
augmenter la diplomation. Ils observent
en effet que le taux d’abandon durant la première année d’études s’est maintenu
entre 23 et 27% durant la période s’étendant de 1983 à 1999, et que parallèlement,
le taux de diplomation des établissements publics offrant le PhD n’a cessé de
chuter durant la même période, passant de 58 à 52% (ACT, 2000). Cette chute des taux de diplomation n’est
apparemment pas causée par le prolongement des études, puisqu’une analyse de
Astin, Tsui, et Avalos (1996) portant sur 365 universités américaines démontre
que le taux de diplomation de 45% établi sur une période d’observation de 6 ans
(tous établissements confondus) ne montait que de 1% lorsque la période
d’observation était étendue à 9 ans.
Selon Gilbert (1991), le taux d’abandon dans les universités canadiennes durant les années 80 était de l’ordre de 42% pour l’ensemble des établissements. Chen et Oderkirk (1997), ayant suivi l’évolution de tous les étudiants universitaires ontariens entre 1980 et 1993, constataient que 30% des étudiants ontariens avaient abandonné leurs études sans obtenir le diplôme et sans s’inscrire à un autre établissement universitaire (tableau 2). Comme le taux d’abandon rapporté par les chercheurs ontariens est un taux de ‘système’, on peut s’attendre à des taux ‘institutionnels’ du même ordre de grandeur que ceux rapportés par Gilbert pour les établissements canadiens. On peut noter un fait particulièrement intéressant découlant des résultats ontariens relativement au régime d’étude des étudiants ayant obtenu le diplome ou ayant abandonné les études. Alors que le régime d’études à temps partiel est généralement associé au phénomène d’abandon scolaire, on peut observer que seulement 39% des étudiants dont le statut final était l’abandon ont poursuivis des études uniquement à temps partiel. Un nombre beaucoup plus important d’entre eux (51%) ont adopté un régime d’études à plein temps seulement. Par ailleurs, un nombre relativement important d’étudiants ayant obtenu le diplome, ont poursuivi des études selon un régime alternant études à plein temps et à temps partiel (33%) pour un total de 40% des diplomés ayant complété une partie de leurs études ou l’ensemble de leurs activités scolaires (7%) à temps partiel.
Tableau
2 :
Statut en 1992-93 de la population étudiante
de 276,000 nouveaux inscrits au baccalauréat ou dans un programme professionnel
dans un établissement universitaire ontarien entre 1980 et 1984 selon le régime
d’études (Chen et
Oderkirk 1997)
|
Statut Total
PT PT et TP TP % par statut |
|
Diplomé-e 187,680 100% 112,608 60% 62,554 33% 12,518 7% 68% |
|
Abandons 82,800 100% 42,228 51% 8,280 10% 32,292 39% 30% |
|
Persévérant-e 5,520 100% 276 5% 2,429 44% 2,815 51% 2% |
Note : PT = Plein temps; TP =
Temps partiel; Abandon = Un étudiant qui n’a pas complété de programmes
d’études en Ontario et qui n’était pas inscrit entre 1990 et 1993.
Day (2001) observait un pourcentage
total d’abandon de 40% à l’université Dalhousie. Le taux d’abandon durant la première année d’études dans cet
établissement ainsi que le profil disciplinaire des étudiants quittant
l’université semblent typiques de ce que l’on observe dans plusieurs
établissements canadiens. A Dalhousie, 25% des étudiants abandonnent durant la
première année d’études, la majorité des abandons s’effectuant avant la
troisième année; les étudiants des programmes en arts et science et en
commerce, et ceux inscrits aux études supérieures, sont les plus touchés par
l’abandon; les étudiants des programmes professionnels demeurent relativement
protégés; enfin, une minorité des étudiants quittent l’université pour des
raisons académiques, mais la grande majorité abandonnent l’université «volontairement ».
Conway (1996) observait un taux d’abandon comparable (21%) à celui de
l’université Dalhousie durant la première année d’études pour l’ensemble des
programmes de l’université de Victoria pour les années académiques 1994-95 et
1995-96.
Les données institutionnelles actuelles
(Tableau 3) , style rapports-diagnostic développés par les bureaux de recherche
institutionnelle au Canada, confirment la présence de taux comparables à ceux
des établissements américains, mais seulement lorsque le profil des clientèles
et la mission académique de l’établissements sont soigneusement pris en compte.
Lussier (1999) mentionnait la difficulté d’accès à des données
canadiennes pouvant servir de base de comparaison pour l’évaluation des taux
d’abandon institutionnels. L’université
du Manitoba, comme plusieurs autres établissements canadiens, a comblé cette
lacune en s’associant en 1996 à un consortium américain d’établissements
(CSRDE) et en définissant elle-même les établissements-étalons. Cependant, la grande diversité du système
d’enseignement post secondaire américain rend cette exercice difficile, sinon
périlleux.
Tableau 3 :
|
Taux d'abandon des étudiants dans les
établissements universitaires canadiens |
||||||
|
Sources: Sites web des établissements,
communications personnelles, et MEQ pour les données sur les universités
québécoises |
||||||
|
Établissement
universitaire |
Année de
référence |
Taux
d'abandon après 1 an |
Taux de
diplomation 5 ans après la fin du secondaire |
Taux
d'abandon après 5 et plus |
Notes |
Régime
d'études |
|
Simon Fraser |
1994-2000 |
|
68% |
32 |
Transferts et Postsecondaire |
PT et TP |
|
|
|
|
60% |
40 |
Entrée directe du Secondaire |
|
|
Victoria |
1994 |
21,1% |
|
|
Secondaire et Postsecondaire |
Majorit. |
|
|
1995 |
32,6% |
|
|
Autres statuts d'admission |
PT |
|
Manitoba |
1990-1994 |
21,1% |
54,4% |
45,6% |
|
PT |
|
|
Comparatif
U.S.A. |
21,5% |
53,4% |
46,6% |
Établissements publics avec PhD |
|
|
Carleton |
2000-01 et
1996-01 |
15,5 - 21% |
50,8% |
49,2% |
15.5%: Entrée directe du secondaire |
PT et TP |
|
|
1993-00 |
|
|
47,8% |
Indic. provincial: étudiants PT seulement |
|
|
|
CSRDE 2000 |
22% |
|
|
Établissements sélectifs (48) |
|
|
Laurentienne |
Moyenne
1985-1987 |
|
61% |
39% |
|
PT |
|
Toronto |
1998 et
1993-00 |
7% |
77% |
23% |
La disponibilité de programmes de bacc. de 3 ans à
15 créd. et de 4 ans à 20 créd. peuvent gonfler les taux de diplomation par rapport
aux É-U. |
PT |
|
|
CSRDE 1999 |
13% |
67% |
33% |
Établissements publics très sélectifs (59) |
PT |
|
|
|
21% |
54% |
46% |
Établissements sélectifs (48) |
|
|
|
|
26% |
43% |
67% |
Établissements moyennement sélectifs (64) |
|
|
|
|
28% |
35% |
65% |
Établissements moins sélectifs (59) |
|
|
|
|
19% |
54% |
46% |
Tous les établissements publics (230) |
|
|
York |
1996 |
21,7% |
|
|
|
PT et TP |
|
|
1997 |
23,6% |
|
|
|
|
|
|
Comparatif
U.S.A.1996 |
24,1% |
|
|
Établissements publics avec PhD |
|
|
|
Comparatif
U.S.A.1997 |
23,5% |
|
|
|
|
|
Etablissements |
1990-97 |
|
70,8% |
29,2% |
Taux systémique |
PT et TP |
|
ontariens |
1991-98 |
|
73,2% |
26,8% |
|
|
|
Montréal |
1994-00 |
20,1% |
73,5% |
26,5% |
Indicateurs provinciaux |
PT |
|
McGill |
|
10,1% |
85,9% |
14,1% |
|
|
|
Laval |
|
15,3% |
73,8% |
26,2% |
|
|
|
Sherbrooke |
|
26,6% |
72,3% |
27,7% |
|
|
|
Concordia |
|
17,5% |
60,5% |
39,5% |
|
|
|
UQAM |
|
23,3% |
62,1% |
37,9% |
|
|
|
|
|
|
|
|
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|
N.B. Les données sur les comparatifs américains
proviennent des documents institutionnels de référence; PT=à plein temps,
TP=à temps partiel. |
|
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Sélectivité
CSRD (Consortium for Student Retention Data Exchange): |
|
|
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|||
|
|
Très sélectif: SAT > 1100 ou ACT > 24; |
|
|
|
|
|
|
|
Sélectif: SAT entre 1045 et 1100 ou ACT entre 22.5
et 24; |
|
|
|
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|
|
Modérément sélectif: SAT entre 990 et 1044 ou ACT
entre 21 et 22.4; |
|
|
|||
|
|
Moins sélectif: SAT < 990 ou ACT <21; |
|
|
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|
Le problème de standardisation des données
comparatives est particulièrement bien illustré par la diversité des taux
rapportés au tableau 3. Une analyse
plus poussée des résultats institutionnels montre également, qu’indépendamment
du critère de sélectivité à l’admission, de nombreux facteurs d’ordre
méthodologique peuvent influencer la comparabilité des données. Par exemple, la définition du bassin de
population comparé, i.e. de la cohorte, varie d’un établissement à l’autre. On remarque en effet que les taux d’abandon
varient significativement selon que l’on considère une population accédant à
l’université directement du secondaire (ou du cégep dans le système québécois)
plutôt qu’en situation de transfert institutionnel ou avec statut d’étudiants
adultes. La définition du régime
d’études à plein temps ou à temps partiel est un autre facteur critique de
comparabilité qui n’est pas adéquatement défini dans la plupart des études de
cohortes analysées. Par exemple, lorsque l’université du Manitoba a modifié à
la baisse ses exigences relatives à la charge de cours requise de ses étudiants
à plein temps (de 80 % à 60%), son taux de diplomation pour ce segment de sa
population étudiante a chuté (Lussier, 2002).
Par ailleurs, plusieurs établissements choisissent
de ne publier que les taux se rapportant à leurs clientèles qu’on pourrait
qualifier de ‘traditionnelles’ (excluant les étudiants adultes, les étudiants
internationaux, les transferts inter-institutionnels, ceux poursuivant des
éudes à temps partiel alors que d’autres rapportent des résultats prenant en
compte tous les étudiants cheminant vers le baccalauréat. Au Québec, plusieurs établissements
universitaires choisissent d’orienter les clientèles étudiantes adultes et en
situation de recyclage professionnel dans des programmes courts de certificat
(30 crédits), programmes qui sont généralement exclus des études officielles
portant sur l’abandon scolaire, alors que d’autres les inscrivent dans des
cheminements de baccalauréat. On peut donc suggérer que compte tenu du présent
état des choses, les comparaisons inter-institutionnelles et inter-systèmes
sont très précaires et ne reflètent pas les missions institutionnelles et les
caractéristiques des populations étudiantes qu’elles desservent.
3. L’abandon
– un phénomène complexe et multidimensionnel
Day et al. (1987) qualifiait les causes de l’abandon à
l’université Dalhousie de «complexes et de multidimensionnelles». Bessey,
Watton et Chancey (2000) rapportaient dans une étude sur les abandons à
l’université Memorial que 35 % des étudiants avaient quitté l’université pour
des raisons personnelles, 28% pour poursuivre leur études dans un autre
établissement, 9% par insatisfaction envers l’université, et un autre 7% pour
des raisons d’ordre financier. Murray (1993), présentant les résultats d’une
enquête menée auprès d’étudiants ayant abandonné leur programme d’études à
l’université St-Mary’s, confirmait la présence de raisons autres qu’académiques
pour la majorité des étudiants. Les répondants à l’enquête étaient majoritairement des femmes (60%), de 25
et plus, et étudiant à temps partiel. Les raisons invoquées pour expliquer
l’abandon des études étaient pour la majorité d’entre elles liées à des
considérations personnelles (67%), à leur santé (84%), ou à des préoccupations
financières (73%), alors que pour la majorité des étudiants masculins, elles
reposaient sur des considérations académiques (57%) ou sur des préoccupations
liées à l’emploi ou à la carrière (57%). Lorsque questionnés sur ce qu’aurait
pu faire l’établissement pour prévenir leur abandon des études, la majorité des
répondants (80%) estimaient qu’aucune intervention institutionnelle
particulière n’aurait changé leur décision. Enfin, 61% avaient manifesté un
intérêt à reprendre leurs études à un moment ultérieur, 12% l’ayant déjà fait à
la publication des résultats de l’enquête. Ces constats sont confirmés par
l’étude systémique réalisée récemment en Colombie-britannique sur les abandons
durant la première ou la deuxième année d’études (Conway 2001).
Cette enquête effectuée auprès d’étudiants des universités de la
Colombie-britannique admis en 1997-98 ou en 1998-99 et ayant abandonné leurs
études en 1999-00, concluait
à un ensemble de facteurs explicatifs, sans trouver de dominance d’aucun pour
la majorité des étudiants ayant abandonné volontairement l’université. Selon cette étude, les principales raisons
invoquées par les quelques 3,540 répondants, incluant le décompte des raisons
multiples pour 50% d’entre eux, sont les suivantes, classées ici par catégorie
dominante [1] :
·
circonstances personnelles 27,6 %
·
programme/curriculum 16,1
%
·
faible performance scolaire 11,2 %
·
raisons économiques/financières 10,0 %
·
emploi/perspectives de carrière 10,0
%
·
changements de programme ou de
niveau d’études 9,5 %
·
reliées au cours 6,5 %
·
reliées à l’université 3,8 %
·
reliées à l’enseignement 2,3 %
·
autres 3% 3,0 %
Malgré la diversité des combinaisons
possibles pour chaque étudiant, telle que par exemple, vouloir changer de
programme d’études et d’établissement (raison académique) parce que les intérêts personnels ne sont plus les
mêmes (raison non-académique), il est
intéressant de noter qu’environ
49% des abandons volontaires précoces demeurent
associés à l’offre de
cours ou de programme de l’établissement, alors qu’approximativement 47% sont liés à des raisons personnelles (circonstances
personnelles, raisons financières et économiques, emploi et perspectives de
carrière) plus ou moins indépendentes de l’offre académique des
établissements.
En plus de caractériser de façon détaillée les raisons de l’abandon des
études, le rapport de recherche apporte un éclairage très intéressant sur les
étudiants qui abandonnent en les classant en 7 groupes principaux, dont
seulement un est considéré comme abandon véritable. Ces groupes se répartissent
comme suit :
·
abandons temporaires (stopout) 13,3%
·
étudiants hors-programme 9,4%
·
transfert planifié d’établissement 7,1%
·
inscrits administratifs (short-stay
registrants) 3,1%
·
études préparatoires aux études
supérieures 1,9%
·
perfectionnement professionnel 1,6%
·
et abandons véritables 59,4%
Même si les notes scolaires constituent encore le meilleur indicateur
‘statistique’ des probabilités d’abandon des étudiants aux États-unis (Allen,
1999; Murtaugh, Burns et Schuster, 1999) comme au Canada (Day et al., 1987;
Pageau, 2000), il est maintenant reconnu que puisque les intentions
d’abandonner les études peuvent influencer le niveau d’effort et la performance
scolaire, les notes plus faibles et l’abandon peuvent agir de manière
causale. Autant la note obtenue au
secondaire peut être le facteur explicatif dominant de l’abandon scolaire à
l ’université après la note cumulative universitaire (Allen, 1999), autant
elle peut n’avoir aucune valeur explicative (Berger et Braxton, 1998; Ruddick,
Hanson et Moss, 1999). La valeur d’estimation de la performance scolaire au
secondaire n’est donc pas absolue, comme le faisait remarquer Winer (2001)
lorsqu’il concluait que l’on ne peut établir de relation linéaire claire et
mesurable entre la note au secondaire des nouveaux inscrits à l’université
Carleton et leur succès académique.
Typiquement, la performance au secondaire est un facteur statistiquement
significatif, mais qui n’explique qu’une faible proportion de la variance dans
l’abandon scolaire.
Le modèle conceptuel dominant pour
expliquer l’abandon de l’université est encore celui de Tinto (1975, 1982) qui
dégage quatre grandes catégories de variables explicatives, soit l’intégration
académique, l’intégration sociale, l’objectif d’obtention d’un diplôme, et
l’attachement à l’institution. D’après
ce modèle, on observe chez les étudiants des niveaux plus ou moins élevés de
motivation par rapport à l’obtention du diplôme ou à l’attachement à
l’établissement. Ces niveaux sont à leur tour influencés par la qualité de
l’intégration académique et sociale. L’importance relative de l’intégration
académique et sociale varie selon le type d’établissement. L’intégration académique est le facteur
explicatif principal de l’abandon scolaire observé dans les établissements de
type « métropolitains »
alors que l’intégration sociale est particulièrement
importante pour les établissements de type « résidentiel» (Pascarella et Chapman, 1983).
Deux études canadiennes confirment l’interaction de ces variables
explicatives de l’abandon dans leur établissement. Ces deux établissements sont de taille moyenne et présentent un
profil de clientèles étudiantes relativement homogène, soit celui d’étudiants à
plein temps en provenance des écoles secondaires de leur province
respective. A l’université Dalhousie,
Day et al. (1987) observaient que l’intégration académique (l’intérêt et
l’implication dans les activités d’apprentissage et académiques, l’interaction
avec les professeurs, la participation aux cours, et la performance académique)
constituait un facteur d’estimation plus important que l’intégration
sociale. A l’université de la
Saskatchewan, on concluait qu’un faible niveau d’intégration académique et
sociale contribuait à l’abandon
volontaire des études alors qu’un faible niveau d’intégration académique comme
seul élément explicatif était lié à l’abandon forcé des études, donc à l’échec
scolaire (Université de la Saskatchewan, 2000).
Le modèle de Tinto demeure utile à l’analyse du phénomène de l’abandon,
particulièrement chez les étudiants à plein temps, mais l’émergence d’une
classe importante d’étudiants à statuts multiples, impose une segmentation de
l’analyse selon une nomenclature beaucoup plus raffinée que par le passé. Pour les étudiants adultes, et
vraisemblablement pour de nombreux autres étudiants qui suivent des
cheminements adaptés à leurs besoins, les facteurs d’intégration académique et
sociale sont moins influents, et les questions liées au plan de carrière, à
l’aide financière, à la situation personnelle et au soutien obtenu par les
proches paraissent davantage jouer un rôle dans l’abandon des études (Bean et
Metzner, 1985; Sandler, 2000). Gilbert
(1991), dans ses études exhaustives portant sur les étudiants canadiens au
début des années 90, rapportait que les étudiants à temps partiel ne
recherchent pas nécessairement l’obtention d’un diplôme ou l’obtention d’un
diplôme provenant de l’établissement d’origine.
De nombreux établissements d’enseignement
supérieurs individuellement ou collectivement, se sont engangés depuis
plusieurs années dans des études de relance des diplômés (incluant celle
effectuée dans le cadre de CUSC[2],
et les enquêtes systémiques de la Colombie-britannique, du Québec, et des
Maritimes). Les constats généraux que
l’on peut tirer de ces études nous semblent assez cohérents entre diverses
cohortes de diplômés, et entre provinces et systèmes d’éducation. Les enquêtes de relance apportent un
éclairage additionnel sur le vécu de l’étudiant en fonction de son expérience
académique et des difficultés qu’il ou qu’elle rencontre dans son cheminement.
De manière générale, les enquêtes effectuées dans le cadre du ‘Student Outcomes Project’ de la Colombie-britannique (University Presidents’ Council of B.C.) paraissent assez représentatives des constats principaux découlant ce ces études au Canada. Les enquêtes 1999, 2000 et 2001 montrent des taux de satisfaction élevés de la part des diplômés universitaires par rapport à l’éducation reçue (plus de 90% des répondants) et aux objectifs éducatifs initiaux (plus de 75%); l’objectif le plus fréquemment rapporté est d’acquérir une formation axée sur les habiletés d’emploi; plus de 75% des participants indiquent leur préférence pour la sélection du même programme d’étude si ce choix était à refaire (71% pour la cohorte de 1996, cinq ans plus tard); mais parmi ceux et celles qui ne choisiraient pas le même programme d’études, 29% statuaient que le programme n’était pas assez « pratique » et un autre 20% signifiait que leur programme n’offrait que peu ou pas d’opportunités de carrière. La plupart des enquêtes de relance font également état du besoin ou de l’intérêt des diplômés à continuer des études après l’obtention d’un premier diplôme. La majorité des diplômés des cohortes 1997 et 1998 poursuivaient des études (75 et 74% respectivement), les deux-tiers d’entre eux au niveau universitaire. Enfin, lorsque questionnés sur leurs sources de revenus à l’université, la grande majorité (75%) rapportait avoir compté sur des revenus d’emploi d’abord, suivi du soutien des parents ( 47%) et de l’aide fiancière aux étudiants (44%). Pour 33% des diplômés, le revenu d’emploi était la principale source de revenus. Des nuances sur les mêmes thèmes d’analyse apparaissent lorsque les profils de relance des diplomés sont développés au niveau institutionnel. Par exemple, l’enquête de relance de l’université Laurentienne portant sur les diplomés de 1996 reflète le profil de clientèle et la réalité académique unique de cet établissement qui inclut les facteurs associés à sa taille, sa localisation géographique, et sa mission académique. En plus des résultats d’évaluation propres à la situation spécifique de l’établissement, on y retrouve le même profil général de satisfaction décrit plus haut relativement à la qualité de l’enseignement, aux objectifs éducatifs initiaux, au choix du programme, aux objectifs de formation continue, etc. (Laurentian University OIR Office, 1996).
Bigsby (1999) rapporte les résultats d’une
étude réalisée pour le compte du ‘Advanced Education Council’ de la Colombie
britannique et portant sur les résultats d’une enquête de relance effectuée
auprès de diplômés en Arts et Sciences de cette province. Cette enquête compare les résultats des
diplômés en Arts et Sciences avec ceux des programmes professionnels et met en
relief des différences importantes entre les deux groupes. 34% des diplômés en arts et en sciences ont
plus de 24 ans contre 59% pour les programmes professionnels; les femmes sont
sur-représentées dans les programmes d’arts et sciences alors qu’elles sont
présentes proportionnellement dans tous les groupes d’âge excepté les 40 ans et
plus, dans les programmes professionnels;
l’objectif éducatif principal pour 59% des diplômés en Arts et sciences
était l’obtention d’un diplôme, alors que l’acquisition d’habilités reliées au
travail était l’objectif principal de 58% des diplômés des programmes
professionnels. L’analyse détaillée des résultats portant sur la relance des
diplomés au plan institutionnel comme systémique, confirme tout comme les
études portant sur la persévérance scolaire et l’abandon, l’importance des
variables relatives au profil des clientèles et de l’expérience académique des
étudiants pour la compréhension du phénomène de la diplomation et de l’abandon.
6. Le statut d’étudiant
A travers les diverses études canadiennes
disponibles, on ne peut que remarquer la convergence étonnante des résultats de
recherche des 12 dernières années portant sur les causes de l’abandon des
études et les attentes des étudiants relativement à l’expérience
universitaire. On observe que le vécu
de l’étudiant est de plus en plus complexe et que le ‘métier d’étudiant’
s’insère de plus en plus dans un cheminement que l’on pourrait qualifier de non
traditionnel.
Le concept d’étudiant non
traditionnel est véhiculé depuis la fin des années 80 et n’a pas fait l’objet
de recherches exhaustives au Canada, particulièment de la part des
établissements d’enseignement supérieur. Cependant, de plus en plus d’études récentes
font appel à la notion d’étudiants « non-traditionnels » pour
expliquer les taux d’abandon élevés et la stagnation de la diplomation aux
niveaux des études collégiales et universitaires. On remarque en effet des taux d’abandon de la part des étudiants
« non-traditionnels » de beaucoup supérieurs à ceux des étudiants
dits « traditionnels ». Taillon
(1999) rapportait quelques résultats issus de l’enquête de 1998 de Statistique
Canada portant sur l’éducation des adultes et la formation. On y définissait
l’étudiant adulte comme incluant les étudiants à temps
partiel de 17 ans et plus, les étudiants à plein temps de plus de 24 ans, et tous les participants à des programmes de formation parrainés par l’employeur, indépendamment
de l’âge des étudiants.
Il ajoutait que selon l’enquête de 1997
portant sur les diplomés de 1995, la raison principale sous-tendant le choix de poursuivre des études à temps
partiel pour 70 à 79% des 25 ans et plus et pour 50% des 17 à 24 ans, était la
détention d’un emploi à plein temps.
Bean et Metzer (1985) proposaient également
une définition de l’étudiant non-traditionnel, soit ‘un étudiant de plus de 24
ans, qui n’habite pas sur le campus, qui étudie à temps partiel, ou qui présente une combinaison de ces trois variables;
il n’est pas significativement influencé par l’environnement social de
l’établissement; et il est davantage concerné par l’offre de programmes et de
cours de l’établissement’. (p. 489)
Quelques auteurs canadiens se sont
penchés sur le statut d’étudiant à temps partiel dans une perspective
institutionnelle. Roche, Shale et Kelly (1996) concluaient que les étudiants
non-traditionnels qui ne présentent pas de profil d’admission typique sont en
diminution à l’université de Calgary, de même que ceux qualifiés de ‘life-long learners’,
c’est- à-dire, ceux poursuivant des études
hors-programme ou pour intérêt personnel. En revanche, ils observaient une augmentation importante
du nombre d’étudiants visiteurs de type traditionnel, soit les moins de 25 ans, à
l’université d’Athabasca, un établissement de formation à distance composée surtout d’une population étudiante
hétérogène et de groupes d’age différents de celle de l’université de
Calgary. Spéculant sur les raisons
poussant de plus en plus d’étudiants principalement « traditionnels » à poursuivre une partie de leurs études dans un établissement tel
qu’Athabasca, ils suggèrent différentes pistes de recherche pouvant expliquer
le cheminement non traditionnel de ces étudiants qui seraient reliées à l’offre
de cours universitaire, à la flexibilité de l’admission, aux exigences
programmatiques, et à la capacité d’allier le travail aux études. Une autre étude plus récente de Shale (2000)
documentait les caractéristiques du cheminement des diplomés de l’université de
Calgary ayant étudié à temps partiel, en particulier le nombre de sessions
d’inscription à temps partiel, l’utilisation du trimestre printemps/été comme
trimestre de rattapage, et la nette préférence pour la sélection d’un statut à
temps partiel durant les trimestres d’hiver et d’été. Puisqu’il est clair que l’étudiant d’aujourd’hui se conforme de
moins en moins à une définition simple et univoque du statut d’étudiant, Shale
suggère de développer une vision plus intégrée des études à temps partiel qui
incluraient des considérations visant l’offre de cours et l’aménagement des
horaires.
Observant que les taux d’abandon dans les universités américaines se
sont maintenus en dépit de 20 années de recherche et d’expérimentation, Seidman
(1996) suggère qu’il est temps d’envisager de nouvelles approches conceptuelles
et expérimentales à la lutte contre l’abandon des études. Il suggère une approche à trois volets, soit
celui du cours, du programme, et de l’université. Mais cette approche centrée sur l’établissement ne semble pas
suffisamment englobante pour répondre aux besoins des clientèles non
traditionnelles des établissements d’enseignement post-secondaire.
Une étude préparée par Andres, Cantwell et Carpenter
(1997) pour le ‘British Columbia Council on Admissions and Transfer’ trace
l’évolution des modèles théoriques développés depuis le début des années 70 sur
l’abandon des études. Après avoir
analysé la progression des clientèles non traditionnelles en Colombie
britannique et au Canada (incluant les étudiants à temps partiel, adultes, et
de groupes minoritaires reconnus) et fait la synthèse des résultats des
recherches sur le sujet, ils concluent que les établissements doivent adopter
une approche « écologique » à la lutte contre l’abandon en s’inspirant du modèle
de Bean et Metzer (1985) portant sur les étudiants non-traditionnels, et sur
celui de Benjamin (1994) connu sous le
nom de ‘Quality of Student Life’. Le modèle conceptuel proposé par Bean et
Metzer (1985) pour expliquer l’abandon des études des étudiants non-traditionnels
repose sur 4 grands axes de recherche : 1) le succès académique de
l’étudiant; 2) ses intentions résultant de l’influence des facteurs
psychologiques et académiques; 3) les variables contextuelles, telles l’âge, le sexe, l’ethnicité, le lieu
de résidence, le régime d’études, les objectifs éducatifs; et 4) les variables
environmentales, soit tous les facteurs externes non contrôlés par
l’établissement.
Le modèle de Benjamin (1994),
également conçu pour circonscrire l’ensemble des circonstances personnelles des
étudiants d’aujourd’hui, conçoit l’expérience et le niveau de satisfaction des étudiants comme étant
une réalité multidimensionnelle où les facteurs et les processus personnels,
sociaux et/ou contextuels interagissent de manière réciproque et dynamique
(tableau 4). Benjamin définit la qualité de l’expérience étudiante comme
étant reliée à la perception immédiate de bien-être et de satisfaction de
l’étudiant envers les différentes
facettes
de sa vie (‘life domains’), qui sont déterminés par les facteurs psychosociaux
et contextuels immédiats de l’étudiant, et de leur congruence avec son système
de valeur personnel.
Tableau 4
Modèle de
Benjamin (1994) sur la Qualité de la vie étudiante
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8.
Les stratégies
d’intervention pour contrer l’abandon
8.1 La réduction
des échecs académiques
Les universités canadiennes adoptent de plus en plus des stratégies
d’interventions visant à contrer l’abandon chez les étudiants en difficultés
académiques ou à risques. L’université
Mount-St-Vincent est souvent citée (Day 2001) comme modèle canadien pour son
approche systématique d’évaluation des résultats de son programme «Student
Success». Ce programme sur mesure et obligatoire pour tous les étudiants en
probation vise l’acquisition d’outils spécifiques d’apprentissage académique,
et l’établissement par des séances de discussion de groupe, de liens entre la
formation et le marché du travail. Les
résultats de ce programme ont montré qu’il était plus efficace à retenir les
étudiants à risque d’abandon volontaire que ceux obligés d’abandonner leurs
études pour échecs scolaires. Bien
qu’il ait permis à un certain nombre d’étudiants d’augmenter légèrement leur
notes académiques durant le trimestre ou le cours a été offert, la performance
des étudiants avait chutée à la fin de l’année académique (tout en
s’établissant légèrement en haut du niveau original), et leur taux de passage
ne s’est pas avéré significativement différent de celui des étudiants également
en probation mais n’ayant pas participé au cours de soutien. Le taux d’abandon pour échec scolaire est
donc resté élevé malgré le soutien académique reçu par les étudiants (Fancey,
2001).
Tucker, Walbourne et Wilson (2001)
rapportent des résultats semblables pour des étudiants de l’université Memorial
ayant participé à un cours de soutien à la persévérance aux études modelé sur
les principes de l’approche University 101. Les auteurs concluent à un taux de satisfaction élevé de la part
des étudiants participants, que le cours a eu un impact positif sur leur succès
académique, mais que comparativement au groupe témoin, on ne peut observer de
différences significatives entre les deux au plan de l’amélioration des
résultats scolaires ou de la persistance aux études.
D’autres établissements canadiens, dont
plusieurs au Québec (Concordia, UQAM et UQAR) ont initié des programmes
inspirés de University 101 pour soutenir les étudiants en difficultés
académiques et mis en place des systèmes de repérage rapide des étudiants avant
qu’ils aient pris la décision d’abandonner leurs études, ou qu’ils ne soient
évincés à la suite d’échecs académiques.
Ces programmes ont eu certains succès mais n’ont pas réussi à faire
fléchir de façon importante les taux d’abandon, trop souvent liés à d’autres
raisons que le succès académique.
Les mêmes conclusions étaient tirées par Merisotis and Phipps (2000) qui
ont analysé les
programmes
de rattrapage des universités américaines et ont conclu que ces
programmes peuvent souvent réussir à augmenter les taux de diplomation des
étudiants plus faibles académiquement.
Cependant, malgré tous ces efforts, ces étudiants n’obtiennent
généralement pas le même niveau de succès académique que les groupes
non-ciblés, ou n’atteignent pas les taux de diplomation observés chez les
étudiants non contraints à participer à ces programmes de soutien. De plus, puisque la majorité des abandons
sont de type volontaire, les programmes axés sur les étudiants en difficultés
académiques ont peu d’impact sur les taux d’abandon institutionnels, et
souvent, les établissements voient leurs efforts non récompensés par une
amélioration marquée de la persistance et de la diplomation.
8.2 La réduction
de l’abandon volontaire
Comme il a été amplement démontré maintenant, les étudiants qui
abandonnent le font majoritairement pour des raisons volontaires. Ils ont souvent des dossiers académiques
plus faibles que ceux qui poursuivent leurs études, mais des notes plus faibles
ne sont qu’un élément d’un ensemble beaucoup plus vaste et complexe de facteurs
liés à l’abandon. Deux stratégies semblent avoir été adoptées par les
universités pour contrer les départs « volontaires » des
étudiants, soit d’une part le développement de programmes et de services sur
mesure accompagnant l’identification des étudiants à risque d’abandon
volontaire, et d’autre part,
l’amélioration de l’expérience institutionnelle des étudiants en
général, et plus particulièrement durant la première année d’études.
L’identification des étudiants à risque n’est pas une tâche facile
puisque les systèmes d’informations institutionnelles captent bien peu de
l’information pertinente à cette détermination. Plusieurs établissements font appel à des questionnaires
d’enquête développés spécifiquement à cette fin pour tenter d’identifier très
tôt les étudiants en difficultés académiques et ceux démontrant de faibles
niveaux de motivation et d’implication académique. Plusieurs établissements canadiens (Université du
Nouveau-Brunswick, Calgary, Concordia et le collège Centennial), ont font appel
à Noel-Levitz pour encadrer leurs activités dans le secteur des affaires
étudiantes et pallier aux manques de ressources professionnelles et d’expertises
institutionnelles sur les questions liées à la rétention des étudiants. Ces
programmes misent sur un ‘ensemble d’initiatives’ visant les étudiants en
difficultés académiques et surtout, leur repérage rapide. Ils mettent
généralement l’accent sur l’information pré-admission, l’orientation
académique, les ateliers d’apprentissage sur les outils de formation, et les
enquêtes de repérage des étudiants à risques. Day (2001) a tenté d’évaluer l’efficacité de l’approche de
Noel-Levitz et rapporte n’avoir trouvé qu’une seule étude de cas sur le sujet,
celle de l’université de l’Ohio décrite par Reisberg (1999). L’université de l’Ohio a utilisé l’approche
de Noel-Levitz incluant une analyse des dossiers d’admission des nouveaux
étudiants et l’administration d’une enquête visant le repérage de quelques
1,200 étudiants à risques. De ce nombre, 300 ont fait l’objet d’un programme
personnalisé de soutien comprenant l’encadrement académique et financière, des
services d’orientation académique et psychologique, un suivi du Bureau des
services aux étudiants, et des services de tutorat adaptés aux besoins des
étudiants. L’évaluation du programme
rapporte des résultats décevants relativement au taux de persévérance à la fin
de la première année d’études du groupe-cible (abandon de 25%) comparativement
au groupe d’étudiants à risques non-ciblés (abandon de 28%), et aux étudiants
non identifiés à risques (abandon de 9%).
En réponse à la multiplicité des causes d’abandon scolaire, les
établissements surtout américains ont mis sur pied des programmes très étendus
et diversifiés de lutte à l’abandon visant l’intégration autant sociale
qu’académique des étudiants. Cette tendance programmatique commence seulement à
se manifester dans les établissements canadiens et ces initiatives ne sont
généralement pas documentées.
L’impact sur la persévérance scolaire de chacun des volets
d’intervention de ces programmes intégrés est difficile à évaluer puisqu’ils
sont souvent menées en parallèle et affectent simultanément divers aspects de
la vie universitaire de l’étudiant.
Certains programmes d’intervention comme « University 101 »,
les cours d’intégration de première année de type « First year
experience » et les communautés d’apprentissage « Learning
Communities » ont fait l’objet d’évaluations comparées et systématiques
des résultats de groupes ciblés et non ciblés d’étudiants. Robb (1994) rapportait pour l’université du
Prince-Edouard une amélioration du taux de persistance de 23%, et du taux de
diplomation de 27%, comparativement aux étudiants non inscrits au
programme. Cependant, Hladky (1992)
observait que la participation des étudiants au cours « Introduction to
University » offert par l’université du Manitoba n’avait eu aucun impact
sur la persévérance scolaire.
L’université Dalhousie a développé un programme inspiré des
« Learning communities » pour une cohorte d’étudiants en science avec
mise en place de groupes stables d’étudiants partageant les même cours, de
séminaires développés sur mesure, d’ateliers portant sur les habilités de base,
d’évènements sociaux ayant pour but de faciliter l’intégration, et même
l’organisation de la vie en résidences universitaires de groupes
d’étudiants. Sudmant (2001) rapportait
dans une étude publiée sur le site web de l’université de la Colombie-britannique
les résultats de l’évaluation des programmes d’études interdisciplinaires de
l’établissement (Innovative Learning Programs) qui sont fréquentés par 10% de
la population étudiante de l’université
et dont le plus ancien, ‘ Arts 1’, date de 1967 et le plus récent,
‘Foundations Program’, vient à peine d’être lancé à l’automne 2000. Selon la
nouvelle perspective académique de l’établissement exprimée dans le document
d’orientation Trek 2000, l’approche de formation est modelé sur le principe des
Communautés d’apprentissage (Learning communities) et vise à exposer les
étudiants à des expériences d’enseignement interactives axées sur la
communication entre étudiants et professeurs et sur l’expérimentation pratique
des concepts théoriques. L’évaluation de ces programmes, bien que généralement
positive, met en évidence la problématique des programmes d’études
non-traditionnels. On remarque par
exemple le fait que malgré la sélectivité de la plupart de ces programmes,
plusieurs étudiants rencontrent des difficultés académiques, que 67% seulement
recommenderaient le programme malgré un taux de satisfaction relativement à
l’expérience en classe de 85%. Parmi les observations et recommendations de
l’étude, on retrouve des questions relatives à la formation pédagogique des
professeurs, à la taille des groupes-cours souvent trop élevée pour encourager
les échanges avec les étudiants, à la capacité des professeurs à intégrer les
approches multidisciplinaires dans leur enseignement, au stress vécu par les étudiants
relatif à leur performance académique, à leurs difficultés malgré des notes
d’admission élevées, à affronter les difficultés académiques associées aux
cours et au curriculum, et enfin, au manque général de motivation exprimé par
les étudiants face à l’expérience d’apprentissage et d’acquisition de
connaissances. Selon l’auteur, ces
derniers constats pourraient partiellement refléter les problèmes d’ajustement
rencontrés par plusieurs étudiants durant l’année de transition du secondaire à
l’université, compte tenu du fait que l’enquête a été réalisée à la fin de la
première année d’études.
L’adoption de programmes d’intervention à
plusieurs volets n’assure donc pas nécessairement le succès dans la lutte
contre l’abandon des études. Il semble toujours être très difficile
d’évaluer la stratégie requise pour chaque établissement, les approches ciblées
qui correspondront le mieux à divers profils de clientèles, et les conditions
institutionnelles requises pour assurer le succès des programmes. Même les initiatives
canadiennes identifiées comme exemplaires ont fait l’objet de corrections et
d’ajustements en cours de route.
L’université Dalhousie par exemple, malgré l’évaluation positive de
l’impact de son programme sur la cohorte d’étudiants en science, a mis fin à
son expérimentation. Compte tenu des
ressources requises pour assurer le succès d’un tel programme, l’université a
plutôt choisi de diriger ses efforts vers une stratégie de planification des
clientèles (enrolment management) et d’amélioration de la qualité des entrants
pour réduire son taux d’abandon (Christie, 2002). L’Université Mount St-Vincent se questionne sur l’impact réel de
son programme, et cherche des solutions de rechange ou des stratégies qui lui
assureraient de plus hauts taux de succès (Fancey, 2002). Devant ce défi qui peut paraître
insurmontable, et compte tenu de l’exigence élevée en ressources des programmes
de soutien aux étudiants, certains établissements choisissent d’élever les normes
d’admission pour corriger de hauts taux d’abandon, et optent pour une
redéfinition de la mission de leur établissement en la rendant plus
‘sélective’. (Holmes, 2002).
9.
Conclusion
Que doit-on retenir de l’expérience des
établissements postsecondaires canadiens, et particulièrement de la
contribution de la recherche institutionnelle à la problématique de l’abandon
scolaire? Sur la base des travaux et
rapports de recherche recensés et portant sur les initiatives des
établissements canadiens, on peut conclure que les efforts documentés d’analyse
et l’expérimentation de programmes visant l’amélioration de la diplomation et
la diminution de l’abandon scolaire dans les établissements canadiens
hors-Québec, sont encore bien timides comparativement aux efforts consentis
dans les établissements américains. Considérant
les taux de succès très faibles des établissements canadiens et américains, il
faut se questionner sur la pertinence des programmes mis en place par les
établissements, et sur leur volonté
à lutter efficacement contre l’abandon scolaire.
Il faut également sans doute mettre
en cause le cadre théorique sous-tendant le questionnement portant sur
l’abandon scolaire et le développement des programmes d’expérimentation et
d’intervention qui reposent trop souvent encore sur une conception traditionnelle
de l’étudiant. La plupart des études aux Etats-Unis et au Canada posent la
prémisse qu’il faut intervenir auprès des étudiants et non auprès des
professeurs, des cours, du curriculum, etc.
Bien peu d’entre elles semblent associer l’amélioration des performances
scolaires ou de la diplomation à des interventions directes et volontaires
visant ces composantes de l’apprentissage académique des étudiants. Selon Alan Seidman, rédacteur en
chef du Journal of College Student Retention, cité par Julia Gedeon
Matusky dans le journal Affaires universitaires d’octobre 2001, les
universités font plus d’efforts pour repérer les étudiants qui connaissent des
difficultés au cours du premier et du second trimestre, mais elles ne veillent
pas par la suite à ce que ces problèmes soient réglés définitivement. Les
enseignants doivent être encouragés à participer davantage à l’identification
précoce des étudiantes et des étudiants à risque.
Malgré
la grande taille de certains établissements et les pressions très fortes qui
s’exercent sur les professeurs à ‘performer’ en recherche, il est certain que
cette problématique doit faire l’objet sur les campus universitaires de
discussions portant sur la valorisation de la fonction d’enseignement et sur
des actions concertées entre les principaux intervenants. A l’heure actuelle,
ce sont les Services des Affaires étudiantes des établissements qui s’occupent
presqu’exclusivement de ces questions. Il suffit de consulter les sites web des universités
et collèges canadiens pour constater que la plupart des établissements
d’enseignement post-secondaire canadiens ont étendus substantiellement les
services de soutien aux étudiants. Ils
possèdent maintenant une gamme d’outils d’intervention de tout ordre incluant
des séances d’orientation pour les nouveaux inscrits, des programmes d’aide à
l’apprentissage et à l’acquisition d’outils de formation, et des services
d’orientation professionnelle, de consultation psychologique et d’emploi
étudiant. La plupart de ces services
sont présents sur nos campus depuis longtemps mais ils ont fait récemment
l’objet d’une revalorisation et d’un intérêt accru suite aux pressions externes
provenant principalement du pouvoir politique et de l’augmentation des frais de
scolarité. L’évaluation de l’impact des
programmes de soutien sur la persévérance aux études et sur la diplomation
semble cependant beaucoup plus aléatoire et limitée. Présentement, la situation est telle qu’on met en place de
nouveaux programmes d’aide aux étudiants ou on étoffe des programmes existants,
mais on alloue que peu ou pas de ressources à la définition de la problématique
et à l’évaluation des résultats. Les
établissements ne semblent pas faire appel aux bureaux d’analyse et de recherche
institutionnelles pour assurer une évaluation systématique et continue de
l’impact de ces programmes. La plupart des bureaux de recherche institutionnels
ne semblent intervenir dans ces dossiers que rarement et de façon ponctuelle, les rapports d’analyse sur la rétention se limitant
souvent au développement de diagnostics généraux sur les taux d’abandon et de
diplomation de l’établissement.
Du point de vue de la recherche
institutionnelle, les bureaux d’analyse demeurent donc encore principalement et
essentiellement des fournisseurs de connaissance « à la
pièce » et non des analystes des connaissances
institutionnelles portant sur le vécu des étudiants. On peut se demander pourquoi les diverses enquêtes menées auprès
des étudiants dans la plupart des établissements ne servent pas à développer
une « intelligence » institutionnelle sur des questions
somme toute très reliées (comme par exemple, les enquêtes menées auprès des
étudiants pour des opérations d’évaluation périodiques des programmes, les
évaluations de cours, les diverses enquêtes menées à l’admission par de
nombreux établissements, les études de relance des étudiants, etc.). Mais
peut-être justement n’y a t’il pas d’objectifs et de stratégies institutionnels
encadrant l’étude systématique et cohérente du phénomène de l’abandon des études
dans nos établissements d’enseignement supérieur?
Du point de vue des directions
universitaires et de la planification stratégique des établissements, on peut
mettre en cause la volonté politique réelle des universités à intervenir dans
ces dossiers. Qui parmi les dirigeants
et dirigeantes universitaires peut affirmer qu’il ou qu’elle possède une
connaissance approfondie des aspirations et des attentes des étudiants de son
établissement, qu’il ou qu’elle connaît la qualité de l’enseignement offert, et
qu’il ou qu’elle comprend les autres facteurs personnels et institutionnels
influençant l’expérience académique des étudiants afin
d’incorporer ces préoccupations au plan stratégique de l’établissement?
Enfin, une diversification des
objectifs et des stratégies académiques, ainsi que des méthodes d’intervention
auprès des étudiants, devraient faire partie des priorités des établissements
universitaires. Les enquêtes
des dernières années menées auprès des étudiants canadiens apportent un éclairage très précis sur les pistes de
solution. Elles soulignent l’importance
des attentes liées aux exigences d’admission, à
l’ouverture des programmes académiques, à l’offre de cours, à la pertinence des
études face au monde du travail, et à la flexibilité du système à incorporer
divers modes de vie et d’études des étudiants.
|
Annexe: |
Liste détaillée des raisons principales
d'abandon volontaire des études après 1 ou 2 ans suivant l'admission à
l'université |
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|
(3,540 répondants et 4,368 réponses incuant les
réponses multiples, The British Columbia Early Leavers Survey, p. 39) |
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|
|
|
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|
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|
|
|
|
|
|
|
|
Liées au programme/curriculum |
|
16,1% |
|
Liées aux services/soutien |
|
0,8% |
||
|
|
n'aime pas le programme/pas d'intérêt/mal ajusté |
4,0 |
|
|
|
qualité de l'organisation de la formation à distance |
0,1 |
|
|
|
non stimulant/superficiel/manque de rigueur/de
faible niveau |
0,3 |
|
|
|
des services d'orientation/d'assistance
universitaire |
0,3 |
|
|
|
structure du programme (théorie vs pratique),
longueur |
1,2 |
|
|
|
insatisfaction avec les services administratifs |
0,4 |
|
|
|
peu de choix de cours/trop de cours requis ou
d'introduction |
0,5 |
|
|
|
|
|
|
|
|
problèmes de transfert de crédits |
0,7 |
|
|
Liées aux cours |
|
6,5 % |
|
|
|
qualité du programme |
1,3 |
|
|
|
insatisfaction générale |
0,3 |
|
|
|
a complété ce qui était désiré ou possible du
programme |
0,1 |
|
|
|
horaire non approprié |
0,1 |
|
|
|
programme non disponible/non offert/annulé |
3,4 |
|
|
|
charge de travail trop lourde/cours difficile |
0,5 |
|
|
|
incapable d'être admis ou transféré au programme
désiré |
2,7 |
|
|
|
contenu du cours/orientation/structure |
0,7 |
|
|
|
répétition du programme/des cours précédents |
0,0 |
|
|
|
disponibilité/annulation/liste d'attente |
3,2 |
|
|
|
charge de travail trop élevée |
1,9 |
|
|
|
évaluation non équitable/travaux/examens |
0,4 |
|
|
|
|
|
|
|
|
aspects matériels des salles de cours/bruit |
0,0 |
|
|
Liées à la situation économique ou financière |
|
10,0% |
|
|
taille des classes/impersonnel |
0,5 |
|
|
|
|
manque d'argent/trop dispendieux/coût de la vie |
8,3 |
|
|
|
insatisfaction avec les cours de formation à
distance |
0,5 |
|
|
|
faible ratio coût-bénéfices/incertain des avantages
financiers |
0,3 |
|
|
|
autres raisons |
0,3 |
|
|
|
niveau d'endettement/dépenser si des revenus sont
assurés |
0,6 |
|
|
|
|
|
|
|
|
aide financière inadéquate/a manqué d'argent |
0,1 |
|
|
Liées à l'université |
|
3,8% |
|
|
|
situation familiale changée/source de revenu
disparue |
0,0 |
|
|
|
politique du département/de l'établissement |
0,2 |
|
|
|
fin de l'aide financière aux étudiants/non éligible |
0,3 |
|
|
|
taille/inhumain/impersonnel |
0,9 |
|
|
|
fin de la bourse d'études/non éligible |
0,1 |
|
|
|
valeurs/ambiance/sens de la communauté |
1,1 |
|
|
|
autres raisons |
0,3 |
|
|
|
bureaucratie/procédures/administration |
0,5 |
|
|
|
|
|
|
|
|
autres raisons |
1,1 |
|
|
Liées à l'emploi ou à la carrière |
|
10,0% |
|
|
|
|
|
|
|
|
faible perspective d'emploi/ne cadre pas avec les
objectifs de carrière |
1,1 |
|
|
Liées à la performance scolaire |
|
11,2% |
|
|
|
a complété/progressé vers l'accréditation
professionnelle |
0,0 |
|
|
|
insatisfaction générale avec les notes |
1,8 |
|
|
|
conflit entre travail et études (horaire, charge de
travail) |
3,3 |
|
|
|
échecs scolaires/forçé d'abandonner |
9,3 |
|
|
|
a trouvé un emploi/créé sa compagnie/cherche du
travail |
4,3 |
|
|
|
autres raisons |
0,1 |
|
|
|
autres raisons |
1,3 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Liées à des circonstances personnelles |
|
27,6% |
|
|
Liées à un changement de programme/transfert |
|
9,5% |
|
|
n'aime pas l'université/pas pour moi/non adapté |
2,6 |
|
|
|
|
désire transférer dans un autre programme de
baccalauréat |
6,7 |
|
|
|
manque de motivation/d'intérêt/ennui |
3,3 |
|
|
|
désire transférer dans un programme de maitrise |
0,2 |
|
|
|
trop d'activités sociales/n'a pas assez travaillé |
0,0 |
|
|
|
désire transférer dans un collège technique/institut |
2,3 |
|
|
|
maladie/état de santé/blessure |
4,8 |
|
|
|
avait planifié un transfert de programme |
0,1 |
|
|
|
déménagement/désir de vivre dans une autre ville |
2,5 |
|
|
|
autres raisons |
0,2 |
|
|
|
maritales/parentales/situation des enfants |
3,5 |
|
|
|
|
|
|
|
|
pas prêt pour l'université |
0,6 |
|
|
Liées aux professeurs/à la qualité de l'enseignement |
|
2,3% |
|
|
désire voyager |
1,3 |
|
|
|
|
insatisfaction générale avec l'enseignement |
0,6 |
|
|
|
ennui de la famille/des amis/de 'sa' ville |
1,5 |
|
|
|
qualité de l'enseignement/implication des
professeurs |
0,8 |
|
|
|
non intégré socialement sur le campus |
0,3 |
|
|
|
contact personnel/approchable/contact hors salle de
cours |
0,7 |
|
|
|
atteinte de l'objectif initial/a donc quitté |
0,8 |
|
|
|
auxilliaires d'enseignement |
0,0 |
|
|
|
autres raisons |
6,4 |
|
|
|
tuteurs en éducation à distance/par correspondance |
0,1 |
|
|
|
|
|
|
|
|
autres raisons |
0,1 |
|
|
Liées à d'autres raisons |
|
2,2% |
|
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